L’ANSSI a publié son Panorama de la cybermenace 2025 le 11 mars 2026. Le rapport fait une quarantaine de pages et s’adresse à des professionnels du secteur. Voici ce qu’il faut en retenir si vous dirigez une PME ou une ETI industrielle.
Votre catégorie est devenue la cible principale
Les TPE, PME et ETI représentent 48 % des victimes d’attaque par rançongiciel recensées en 2025. Elles étaient 37 % en 2024. En une année, la part des petites et moyennes structures dans les victimes a bondi de onze points.
Le nombre total de compromissions par rançongiciel a pourtant légèrement baissé, 128 en 2025 contre 141 en 2024. Autrement dit, il y a un peu moins d’attaques, mais elles se concentrent davantage sur des entreprises de votre taille.
L’explication tient en un mot : l’opportunisme. Ces attaques ne sont pas ciblées. Elles balaient largement et s’arrêtent là où la porte cède.
Le vrai signal : on vole plus qu’on ne chiffre
C’est le point le plus important du rapport, et le moins commenté. Les incidents d’exfiltration de données sont passés de 130 à 196 en un an, une hausse de plus de 50 %.
Le raisonnement des attaquants est économique. Chiffrer un système d’information pour réclamer une rançon fonctionne de moins en moins bien, parce que les victimes paient moins qu’avant. Voler des données se monétise autrement, par la revente, le chantage direct, ou la pression sur vos propres clients.
Pour un sous-traitant industriel, ce basculement change la nature du risque. Votre exposition ne se limite plus à un arrêt de production. Elle porte sur vos plans techniques, vos données clients, vos savoir-faire. Une entreprise peut remonter d’un chiffrement en restaurant ses sauvegardes. Elle ne récupère pas des plans qui ont fuité.
Un exemple d’effet de chaîne
En octobre 2025, la compromission de Collins Aerospace a désorganisé plusieurs aéroports européens pendant plusieurs jours, avec retards et annulations de vols.
Une entreprise touchée, des chaînes entières perturbées. C’est exactement la logique qui pèse aujourd’hui sur tout sous-traitant, et c’est aussi pourquoi vos donneurs d’ordre commencent à vous envoyer des questionnaires sécurité. Ils ne se protègent pas seulement de vous. Ils se protègent à travers vous.
Ce que ça implique concrètement
Trois questions à vous poser cette semaine, sans budget ni prestataire.
Que se passerait-il si vos plans techniques ou vos données clients se retrouvaient publiés demain ? Si la réponse est « on perdrait un client stratégique » ou « on perdrait une certification », votre priorité n’est pas la sauvegarde, c’est le contrôle des accès et le chiffrement.
Vos sauvegardes ont-elles déjà été restaurées pour de vrai ? Une sauvegarde jamais testée est une hypothèse, pas une protection.
Combien de prestataires disposent aujourd’hui d’un accès permanent à vos systèmes, et quand cette liste a-t-elle été revue pour la dernière fois ?